Roulotte, van, lit coffre : quand le couchage sort des standards

Roulotte, van, lit coffre : quand le couchage sort des standards

Prenons un exemple, inventé mais très ordinaire. Un couple a restauré une roulotte au fond de son jardin pour y loger les amis de passage. Il part le week-end dans un fourgon aménagé. Et chez lui, parce que l’un des deux mesure 1,96 m, il dort dans un lit coffre de 180 × 210 cm. Trois couchages, et aucun ne s’équipe facilement au rayon literie d’un grand magasin.

Les dimensions les plus courantes en France sont connues : 90 × 190, 140 × 190, 160 × 200 ou 180 × 200 cm. Dès qu’on en sort, il faut mesurer soi-même, choisir avec méthode et souvent passer par le sur-mesure. Ce couple a traité ses trois lits un par un, et chacun posait une question différente.

Dans la roulotte, mesurer un cadre qui n’est pas d’équerre

Le lit de la roulotte est une alcôve en bois, fermée sur trois côtés, avec un angle arrondi côté fenêtre. Premier réflexe à proscrire : mesurer le vieux matelas. Il s’est tassé, il a peut-être été recoupé, et il ne dit rien de la place réelle. On mesure le cadre, à l’intérieur, en plusieurs points, car une structure en bois qui a travaillé n’a souvent pas la même largeur à la tête et au pied. Le couple a donc relevé :

  • la largeur à la tête, au milieu et au pied ;
  • la longueur de chaque côté ;
  • la hauteur disponible entre le support et le rebord de la fenêtre ;
  • le contour de l’angle arrondi, reporté sur une feuille de papier kraft découpée à la forme exacte.

Reste une question propre aux roulottes : l’humidité. Une petite pièce en bois, chauffée de temps en temps, connaît de fortes variations d’humidité. Un matelas posé sur un plancher plein ne respire pas par-dessous ; des lattes, même simples, changent beaucoup de choses.

Dans le van, un lit qui doit se plier

Le fourgon pose un autre problème. Le lit est une banquette qui se déplie le soir : le couchage se compose de plusieurs blocs, et la hauteur sous plafond limite l’épaisseur. Un matelas d’un seul tenant est exclu. La solution retenue garde les coussins de banquette comme base et ajoute par-dessus une couche de confort qui se roule le matin, aux dimensions du lit déplié.

L’intérêt est double : la jonction entre les blocs ne se sent plus sous le dos, et la couche de confort se range sans difficulté. À condition, là encore, de mesurer le couchage déplié, et non la banquette repliée.

Autre sujet propre au fourgon : la condensation. Deux personnes qui dorment dans un petit volume, contre des parois froides, produisent beaucoup d’humidité en une nuit. Une couche de confort qui respire, et qu’on peut sortir le matin pour l’aérer, vaut mieux qu’un bloc dense collé au plancher.

Le 180 × 210 sur coffre, un format presque standard

Reste la chambre. Pour un dormeur de 1,96 m, un lit de 2 m laisse les pieds au bord du matelas dès qu’on remonte un peu sur l’oreiller ; d’où les 2,10 m. Ce format se trouve, mais l’offre est plus étroite, et le lit coffre ajoute une contrainte qu’on découvre souvent trop tard : le poids.

Le plateau d’un lit coffre se soulève grâce à des vérins à gaz calibrés pour une certaine charge. Un matelas plus lourd que prévu, en latex par exemple, peut rendre l’ouverture pénible ou empêcher le plateau de rester levé. Avant de commander, le couple a vérifié auprès du fabricant du lit la charge admise par les vérins, puis le poids du matelas envisagé. Côté linge, il a fallu chercher des draps-housses en 180 × 210, moins répandus que les autres.

Matelas sur mesure ou surmatelas sur mesure ?

Pour ces trois couchages, la question s’est posée de la même façon. Un matelas entièrement fait sur mesure règle tout, mais c’est l’investissement le plus lourd. Un surmatelas fabriqué aux bonnes dimensions, posé sur une base saine, suffit souvent quand le support existe déjà et qu’il s’agit surtout d’apporter du confort, comme dans le van.

Ce type de commande se traite directement avec un fabricant. Westelynck, fabricant de literie à Borre, propose par exemple des surmatelas en latex microperforé fabriqués sur mesure, pour les grandes largeurs, les longueurs particulières et les couchages hors standard. Pour une forme atypique comme l’alcôve de la roulotte, demandez toujours, avant de commander, quelles découpes sont réalisables et avec quelle tolérance.

Un conseil, enfin, valable pour tous les couchages hors norme : envoyez au fabricant vos mesures accompagnées d’une photo du cadre et, pour les formes irrégulières, du gabarit en papier. Une cote mal comprise peut coûter un matelas entier ; une photo évite presque toujours le malentendu.